L’âge de départ à la retraite des enseignants du public a été modifié par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Ce texte ne supprime pas la réforme des retraites de 2023 : il décale le calendrier de montée en charge de l’âge légal, avec des effets concrets pour les pensions liquidées à compter du 1er septembre 2026.
Pour les personnels de l’Éducation nationale qui consultent leur espace Scolinfo ou leurs outils de suivi administratif, la lecture des droits acquis mérite une mise à jour.
Suspension de la réforme retraite 2023 : ce que signifie le gel du calendrier
La réforme des retraites de 2023, qui prévoyait un relèvement progressif de l’âge légal jusqu’à 64 ans, n’est pas abrogée mais suspendue. Le processus législatif reste en cours, et le calendrier de hausse est gelé dans l’attente d’une éventuelle reprise ou d’un nouveau texte.
En pratique, cette suspension produit un effet direct : les enseignants dont la pension prend effet avant le 1er septembre 2026 restent soumis aux anciennes règles issues de la réforme 2023. Seuls les dossiers liquidés à partir de cette date intègrent les ajustements votés dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
La distinction entre abrogation et suspension n’est pas anecdotique. Une abrogation aurait rétabli les règles antérieures à 2023. La suspension maintient le cadre existant tout en modifiant la vitesse d’application. Les retours terrain divergent sur ce point : certains enseignants interprètent la suspension comme un retour au statu quo, ce qui n’est pas le cas.

Âge légal de départ à la retraite enseignant : le nouveau calendrier par génération
L’article 105 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 recalibre l’âge d’ouverture des droits génération par génération. L’objectif final reste fixé à 64 ans pour les enseignants nés à partir de 1969, mais la montée en charge est étalée différemment pour les générations intermédiaires.
Voici les repères applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 :
- Nés du 1er janvier 1963 au 31 mars 1965 : âge légal fixé à 62 ans et 9 mois
- Nés du 1er avril 1965 au 31 décembre 1965 : 63 ans
- Nés en 1966 : 63 ans et 3 mois
- Nés en 1967 : 63 ans et 6 mois
- Nés en 1968 : 63 ans et 9 mois
- Nés à partir du 1er janvier 1969 : 64 ans
Pour un professeur des écoles né en 1966, l’âge d’ouverture des droits passe donc à 63 ans et 3 mois au lieu de 63 ans dans le calendrier initial de 2023. Le décalage paraît faible, mais il modifie la date exacte de liquidation et, par ricochet, le dernier traitement pris en compte dans le calcul de la pension.
Durée d’assurance requise pour le taux plein
Le nombre de trimestres nécessaires au taux plein continue de progresser selon la génération. Les données disponibles ne permettent pas de conclure à un changement de ces seuils par la loi de 2026 : les règles de calcul de la pension restent identiques. Décote, surcote et modalités de base ne sont pas touchées par le texte.
Un enseignant certifié né en 1962, par exemple, doit toujours valider 169 trimestres tous régimes confondus pour partir au taux plein. La réforme 2026 ne modifie que l’âge d’ouverture, pas la durée de cotisation.
Scolinfo et suivi administratif : où vérifier ses droits à la retraite
Scolinfo est un espace numérique de travail utilisé dans l’enseignement privé sous contrat pour la gestion scolaire (notes, absences, communication). Il ne constitue pas un outil de simulation retraite au sens strict. Les enseignants du privé sous contrat qui y accèdent doivent distinguer leur espace de gestion quotidienne de leurs outils de suivi pension.
Pour les enseignants fonctionnaires du public, le régime de retraite relève du Service des retraites de l’État (SRE). C’est sur le portail ENSAP (Espace numérique sécurisé de l’agent public) que chaque agent peut consulter son relevé de carrière, simuler sa pension et suivre l’état de son dossier.
Les enseignants du privé sous contrat cotisent quant à eux à l’Ircantec ou à l’Agirc-Arrco selon leur statut, en complément du régime général. La confusion entre Scolinfo (outil scolaire) et les plateformes retraite (ENSAP, Info Retraite) revient fréquemment dans les recherches en ligne. Scolinfo ne donne pas accès au calcul de l’âge de départ à la retraite.
Les démarches concrètes pour un départ en 2026-2027
Pour les départs prévus au cours de l’année scolaire 2026-2027, la date limite conseillée de dépôt de demande est le 2 novembre 2026 pour un départ entre le 1er septembre et le 1er octobre 2027. Pour toute autre date, le dépôt est recommandé huit mois avant le départ envisagé.
Les enseignantes du premier degré peuvent désormais fixer leur date de départ en cours d’année scolaire, ce qui assouplit la contrainte historique d’un départ calé sur la rentrée de septembre.
- Vérifier son relevé de carrière sur ENSAP ou Info Retraite
- Déposer sa demande via la procédure dématérialisée du rectorat
- Consulter la note de service rectorale pour les délais spécifiques à son académie
Pension des enseignants en 2026 : calcul inchangé, contexte modifié
La pension de base des enseignants fonctionnaires reste calculée sur le traitement indiciaire brut des six derniers mois, hors primes. Une retraite à taux plein correspond à 75 % de ce traitement. Les primes et indemnités sont prises en compte séparément via le Régime additionnel de la fonction publique (RAFP), qui génère une pension complémentaire versée en rente ou en capital.
En revanche, le contexte de départ change pour les générations proches de la retraite. Un enseignant né en 1965 qui prévoyait de partir à 63 ans sur la base du calendrier 2023 doit recalculer sa date de liquidation en tenant compte du nouveau palier. Quelques mois de décalage peuvent modifier le traitement de référence si un changement d’échelon ou de grade intervient dans l’intervalle.
La réforme 2026 produit donc un effet indirect sur le montant de la pension, sans en modifier la formule. Pour les enseignants en fin de carrière, l’enjeu principal reste de vérifier si le décalage de quelques mois ouvre droit à un échelon supérieur ou, à l’inverse, allonge une période sans progression indiciaire.